06. VIE ET MORT

705. Vivre comme un feu d’artifice ou comme une bou-gie, il faut choisir .

706. Il y a manifestement un seul remède à la vie : la mort.

707. Si on pense au bienfait d’une simple nuit de som-meil, la mort doit sans doute être considérée comme plus appréciable que redoutable.

708. Si vous doutez de la vie – parce qu’elle ne vous plait pas -, si vous n’avez pas trouvé un sens à la vie… pensez au futur, à ce que sera le monde dans plusieurs décennies. Alors, peut-être, jaillira de vous l’envie – de tout faire pour – vivre longtemps, pour voir et vivre ce qu’il en sera.

709. Mettez une passerelle entre ce monde et n’importe quel nouveau monde… Qui resterait en celui-ci ? Sans doute ceux qui n’ont plus d’élan vital ; ceux qui n’ont pas d’autre choix que de rester.

710. Vous donneriez de l’argent, vous, pour venir vivre dans un monde pareil ? Beaucoup de gens donneraient tout ce qu’ils ont pour le quitter. Parfois même la vie.

711. C’est quoi la vie ? Oh ! c’est rien.

712. La vie, c’est bon mais c’est  » dégueulasse « . Ça traîne un arrière-goût amer ; celui de la mort.

713. Quand on ne sait pas s’il faut se consacrer à la vie terrestre ou à la vie spirituelle, on peut opter pour la démar-che naturelle : marcher un pas pour la vie, un pas pour la mort. Car la vie n’est pas toute l’existence ; l’existence, c’est la vie et la mort.

714. Peut-on aimer la vie et ne pas aimer les salopes ?

715. Catin comme est la vie, il ne peut y avoir comme  » Dieu  » qu’un proxénète.

716. Si vivre au paradis est comme vivre avec une femme, la vie au paradis doit avoir un arrière-goût d’enfer.

717.  » Gagner sa vie  » devient rapidement  » gagner son mois « , puis  » gagner sa journée « .

718. La vie n’est pas un droit, c’est un privilège. Et – pourtant – ce n’est pas un cadeau, – c’est – une damna-tion.

719.  » Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.  » Oui mais, à quoi bon ? si c’est juste pour affronter la mort avec plus de force, si c’est juste prendre de la hauteur pour tom-ber de plus haut.

720. On peut avoir vu mille morts dans sa vie, on n’a pas vu la mort, mais seulement des corps frappés par la mort, aussi longtemps que l’on n’a pas vu sa propre mort. Alors, une seule mort semble être la mort de l’humanité tout en-tière. Sinon, même la mort de toute l’humanité ne suffirait pas à évoquer la mort dans l’esprit de celui qui n’a pas vu sa propre mort. Pour chacun, même derrière mille morts il n’y a pas la mort ; un génocide n’est rien, un massacre encore moins. Nul ne perçoit la mort quand il ne perçoit pas en quoi la circoncision est une pratique de mort. Ceux qui font de la circoncision une pratique bonne pour le sexe et pour la vie ne savent pas ce qu’est la mort.

721. Tuer peut dégoûter de la mort et rendre plus hu-main, ou au contraire, donner goût à la mort et rendre plus bestial et inhumain. La mort est alors d’une grande utilité, ou bien d’une grande futilité.

722. Beaucoup de gens se contentent de vivre comme s’ils n’existaient pas ; tels des zombies. D’autres veulent mourir comme s’ils n’avaient jamais existé. Certains s’attendent à finir en poussière, d’autres veulent finir comme du vent.

723. Celui qui est satisfait du sens qu’il donne à sa vie, puisse-t-il passer sa vie devant un miroir.

724. Ce n’est pas l’amour qui est plus fort que tout, c’est la mort. Par conséquent, ce n’est pas l’amour qui devrait servir de référence culturelle, de point de chute à tout, mais la mort.

725. Celui qui accepte la mort dort comme un nouveau-né. Celui seul qui sait flirter avec la mort sait faire l’amour ; posément, paisiblement, avec vitalité.

726. Que faire de sa vie, qu’en faire ? – Faire – l’amour est si décevant . Certains ne savent tellement pas que faire de la vie qu’ils s’occupent avec des rituels, des obligations, des automatismes, des traditions.

727. Ils ont de la difficulté à concevoir que l’on puisse passer sa vie dans une quête, à la recherche d’un trésor, dans l’élaboration d’un concept, d’une doctrine, d’une phi-losophie de vie… les suiveurs qui se contentent de cueillir le fruit cultivé par d’autres, ceux qui se laissent guider par les autres, ceux qui s’estiment néanmoins adultes et autonomes en ne sachant faire que gober ce qui passe sous leur nez, que digérer ce qu’on leur met dans les orifices.

728. Non seulement la vie est laide, mais en plus elle n’a pas de sens.

729. Un des paradoxes de la vie : on passe sa vie au tra-vail, au travail le temps passe lentement, et pourtant la vie passe vite.

730. C’est peut-être beau, la vie, mais alors comme une belle merde.

731. La vie est une merde empaquetée et enrubannée d’un ruban doré. Quand on défait le ruban doré, la merde apparaît.

732. On dit que la vie est belle, que la vie est à vivre na-turellement, mais naturellement assez peu de gens sont ca-pables de survivre. La plupart des gens parviennent à subir et à supporter la vie, à survivre, notamment dans l’environnement professionnel vital, grâce à l’usage de drogues (café, tabac, antidépresseur, anxiolytique, amphétamine)… grâce à des assistants de vie ; tout ce sans quoi la plupart des gens ne parviendraient pas à vivre. Qu’on ne dise donc pas que la vie est une chose agréable et que l’existence relève de la vie, parce que l’existence, c’est une évidence, elle est mor-telle.

733. Quand on n’a pas pu décider de sa vie, il faut au moins décider de sa mort.
Il est significatif de constater combien ceux qui régentent la vie des moutons tiennent aussi à décider de leur mort, de la façon dont ils doivent mourir (jamais en leur permettant de faire un bras d’honneur aux régisseurs du monde).
La mort est pénible pour ceux qui sont attachés au monde, mais pour ceux qui ont des comptes à régler, qu’ils ne rè-glent pas pour ne pas passer leur vie en prison, la mort est une aubaine, une  » opportunité « , comme disent les préda-teurs et les petits rongeurs qui leur lèchent les  » boules « , un  » cadeau du Ciel « , comme diraient les commerçants de la métaphysique : quand vient avec certitude le temps de la mort, quand alors on n’a plus rien à perdre, on peut faire tout ce que l’on s’est privé de faire, comme enlever la vie à un prédateur, régler leur compte à ceux qui vous on fait du mal.
Si chaque mouton mourant faisait la peau à un prédateur, la planète bleue porterait mieux son nom. Au lieu d’empuantir l’atmosphère avec son cadavre en décomposition, on lui ap-porterait de l’air frais ; celui de la justice. S’il entrait dans les mœurs, voire même dans la prescription d’une religion, que chaque abusé en fin de vie aille trouver un abuseur pour, face à face,  » lui mettre une balle  » dans la tête, les abuseurs et autres prédateurs useraient moins de l’arrogance et bien plus de la conscience.
Mais ne comptez pas sur les religions du pseudo libre arbitre pour vous inviter à faire justice ; elles qui vous paralysent de peur en vous menaçant de l’Enfer, que manifestement elles connaissent bien… Comptez plutôt sur elles pour soutenir les mafieux en vous faisant miroiter une justice céleste, et perpé-tuer ainsi l’Ordre du monde.

734. Se suicider… oui mais, après s’être allégé, détaché et libéré de tout. Se suicider en paix ; jamais ô grand jamais ses affaires non réglées, le cœur lourd, l’âme en peine, l’esprit tourmenté, le cœur lié aux animaux terrestres. Alors tout coule de source. L’issue s’impose d’elle-même, comme une évidence, naturellement.
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L’aide ou le conseil que l’on peut donc apporter à qui-conque est terrassé par ses problèmes matériels, au point d’être acculé au suicide, c’est de se placer affectivement, mentalement, spirituellement dans l’état d’esprit du trépassé, qui ne se sent plus concerné par ce qui fut ses tourments ter-restres : qu’il se lave mentalement, affectivement, spirituelle-ment (dans son esprit) de ses affaires terrestres ; qu’il s’en frotte les mains, qu’il cesse de leur accorder de l’importance, et puis de l’attention. Qu’il cesse de se penser lié aux gens de la terre, endetté moralement ou financièrement envers eux.
Les gens se lient – et s’enchaînent même – aux autres pour pouvoir survivre. Mais quand cela ne permet plus de survivre, il faut cesser de se sentir lié aux autres, d’une quel-conque façon que ce soit. Avec ou sans vous, la vie terrestre suivra son cours. Tournez donc le dos à la vie terrestre, si elle vous tourne le dos. Alors vous pourrez mourir sereine-ment… En fait, il est à gager que ne ferez que vous endor-mir, profondément, d’un sommeil revigorant, parce que totalement libéré de tout vous n’aurez plus envie de vous suicider, car plus rien ne vous importera.
Ceux qui savent, quotidiennement, hebdomadairement ou annuellement, totalement tourner le dos à leurs problèmes et se défaire de leurs charges en faisant comme si elles n’existaient pas, le temps d’une ballade, d’une soirée, d’une pé-riode de vacances, sauront assurément, effectuer comme il faut, leur dernier voyage, leur dernière sortie.

735. En des temps où se précise la menace de fin de monde tant augurée au cours de l’Histoire, une tranche de la population se prépare à survivre au chaos social, à la dé-confiture économique, et même à un retour à la préhistoire. Les plus guerriers, les plus primitifs, comme les plus pré-voyants et les plus volontaires se préparent particulièrement à affronter la sauvagerie et la barbarie avec des armes blan-ches et des armes à feu, avec lesquelles ils se préparent à chasser pour se nourrir. Ce sont les survivalistes.
Certains de ces gens cherchent à préparer une société alternative, avec ses règles de police et son ordre établi. Ceux-là qui vivent encore mentalement dans une société plus ou moins socialiste, solidaire, républicaine, démocrate, désar-mée, démilitarisée, n’envisagent pas de faire face à la bar-barie dont ils n’ont pas idée, puisqu’ils vivent dans un milieu  » bourgeois bohème « . Ils ont le tort de ne pas se poser les bonnes questions, de ne pas envisager la survie de manière réaliste.
Si les survivalistes mièvres n’ont pas les tripes de tuer et de dépecer un gibier pour se nourrir, les survivalistes forcenés se sont-ils posés la question de savoir comment ils survivront en l’absence de gibiers ? Car en l’absence de l’élevage in-tensif, quand les milliards d’humains auront chassé et dévoré les animaux sauvages, que restera-t-il pour se nourrir ? Les poissons ? Pour certains. Mais pour tous, tôt ou tard, ici ou là, il se pourrait bien qu’il n’y ait assez rapidement plus d’autre source d’alimentation que… les humains eux-mêmes.
Les survivalistes qui se pensent au-dessus de tous les survivalistes parce qu’ils envisagent la survie à tout prix, ont-ils envisagé l’option du cannibalisme ? Ils devraient.

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