10. DE L’AMOUR

998. Justifier tout et n’importe quoi au nom de l’Amour, c’est faire de l’Amour un essuie-tout.

999. Seuls les hommes portent la moustache, et quelques femmes, parfois, mais les hommes et les femmes se tiennent par la barbichette.

1000. Beaucoup de gens ne sont pas émus par l’autre sexe, mais excités, mis en appétit, comme des animaux face à une proie. Ils ne sont pas mutuellement attirés par émotion et sentiment, mais par esprit de possession. A vingt ans, de nombreuses femmes s’éprennent d’un jeune homme comme d’un bijou ou sur d’une paire de chaussure. Elles ne sont pas émues – d’amour -, elles ont juste envie de le posséder pour se faire-valoir et se sentir à l’aise dans le monde. Et nombre de jeunes hommes mettent le grappin sur une jeune femme comme sur une nouvelle voiture.

1001. De l’amour, oui mais, pour – terminer – les vieux jours ; ou bien pour faire commencer ceux qui ne sont pas commencés.

1002. L’amour c’est comme l’or. S’aimer s’en fait des tas de choses. Ce n’est pas de se le dire et de s’y asseoir dessus.

1003. Au-delà tout tabou est l’amour, parfaitement amo-ral, qui se permet tout. C’est pourquoi l’or n’a pas de foi ni de loi, pas de goût et pas d’odeur. Il n’appartient à per-sonne. Il est neutre. Comme un dieu. Chacun en fait ce qu’il veut, ou peut.

1004. Lorsqu’on aime, on aime tout et tous, tout comme lorsqu’on a peur, c’est de tout et de tous ; dans un sentiment diffus. C’est sans rapport avec des objets. On est tout amour comme tout de peur. L’amour (la peur, la haine) est un état d’âme ; le sentiment vient après, il descend de l’état d’âme, plus bas, jusqu’au sexe où il prend la forme de sensations.

1005. Celui qui voue une haine sans borne pour une quelconque espèce d’individus a intérêt à vouer parallèlement un amour infini pour une autre espèce d’individus.

1006. Il est judicieux de situer le centre de l’amour au ni-veau du cœur (qui est tangible dans ses battements), car il paraît aussi indispensable à la vie. Si ce centre était situé au niveau du cerveau (dont l’activité est imperceptible), il n’évoquerait sans doute rien à la plupart des gens. Il n’est ainsi pas anodin de prétendre – avec insistance – que  » Dieu est amour « , plutôt qu’intelligence, ou conscience. Si on avait dit aux pions qui servent de piliers porteurs aux reli-gions que leur dieu est intelligence, ils ne seraient certaine-ment pas parvenus à se le représenter. Si les gens se pen-chaient sur l’intelligence ou la conscience, comme ils se versent et se noient dans le culte du  » Dieu « , croiraient-ils toujours en  » Dieu  » ? Certainement pas.

1007. Ce que l’on nomme l’amour n’est que le souvenir de ce que fut le sentiment étourdissant réellement amou-reux : une période fulgurante d’ivresse narcotique. On pré-sente ainsi comme un état exquis ce qui n’est qu’un relent, un résidu, un déchet de l’âme ; c’est ainsi (comme ils se déi-fient avec la révélation divine éprouvée par autrui) que les habitants du monde se glorifient et se font une fierté jusqu’à l’arrogance et la vanité avec le souvenir d’un passé glorieux qui n’est même pas le leur.

1008. L’acte  » créateur  » est de la même veine que l’acte d’amour : passé l’exaltation du moment créatif, vient la dé-ception, le désarroi, l’incomplétude. Le créatif ne vit que par le souvenir de sa réalisation passée, ou bien il se lance dans une recherche éperdue de ces moments merveilleux où tout son être semble emporté vers un Ailleurs, ni proche ni loin-tain, simplement d’ailleurs. Certains, grâce à l’ego, échap-pent à ce sentiment désobligeant : en se gargarisant à l’infini de leur petite expérience de la vie. D’autres errent comme des drogués  » en manque  » dans une quête permanente de l’amour.

1009.  » Dieu  » ne peut être Amour, car l’Amour n’est pas une religion qui pourrait tout expliquer et tout justifier. L’Amour ne peut pas être une religion parce qu’il n’y a pas d’amour dans les religions ; il n’y a que de la soumission, du sacrifice, de la souffrance, du masochisme et du sadisme. Il n’y a pas d’amoureux dans les religions, il n’y a que des lè-che-culs, des opportunistes, des suiveurs, des intéressés.

1010. Pourquoi dit-on  » tomber amoureux  » ? On devrait dire :  » Sortir de sa tombe amoureux « ,  » sortir du coma amoureux « . De toute évidence parce que l’amour est vécu et donc perçu comme un piège, non comme un tremplin.

1011. Ce que les gens tiennent pour manifestation d’amour n’est souvent que flatterie d’ego.

1012. Pareillement qu’il n’y a pas de procréation possible avant la maturation des gonades, il eut été bon qu’il n’y ait pas de procréation possible sans maturation de l’esprit. Il en aurait sans doute été ainsi si l’espèce humaine avait été créée par un Esprit.

1013. Si le plaisir existe pour inciter à l’acte sexuel, la di-mension laborieuse et les conséquences aliénantes de l’acte sexuel sont manifestement là pour ne pas inciter à cet acte. Un organe génital aussi agile qu’un doigt aurait été plus in-citatif. Il faut alors croire que les risques et la douleur de l’enfantement sont là pour dissuader de la procréation. A moins que le sort de la femme soit de ne pas survivre à l’enfantement.

1014. On peut classer les relations (néo-)sexuelles en trois catégories : la relation charnelle (purement bestiale), la rela-tion mentale, la relation spirituelle :

Dans la relation bestiale, les mâles et les femelles ont pour rapports sexuels des actes excrétoires et alimentaires, asso-ciées aux fonctions de la miction, de la sustentation. La rela-tion entre les bêtes humaines est un rapport de forces, de domination, de soumission, de viol, d’abus de l’autre, de possession. Un rapport sadomasochiste. Un rapport de pré-dation, de captation.
Les mâles limités à ce type de relation sont attirés par  » le trou « , celui de la femme par défaut, sinon celui d’un homme, d’un enfant, d’un animal. Ceux-là se définissent par rapport à leur bite, à ses érections, à ses qualités de pé-nétration, à ses démonstrations de virilité. Ils traitent de  » pé-dé  » celui qui conditionne sa relation aux autres, à la femme notamment, celui qui fait la fine bouche, celui qui s’attache à la plastique de la femme, à ses qualités humaines et mora-les, celui pour qui un individu ne se définit pas par une de ses parties (que ce soit son sexe, son nom, son origine, ou encore sa couleur de peau). Quant aux femmes de ce type, elles peuvent pareillement se vautrer avec tout et n’importe, de quelque règne animal que ce soit, en dernier ressort.

Dans la relation mentale, les mâles et les femelles sont régis par des codes de conduite, de séduction (qui est la forme non bestiale, bienséante, sournoise, mentale, rusée, du viol bestial). Ces animaux humains sont régis par des normes, des protocoles, des rites, des cérémonies, des parades, des apparences. Les relations sont planifiées, les mariages orga-nisés. Le rapport à l’Autre se produit de telle façon, se pour-suit de telle autre, et doit aboutir à ceci et cela. Ces codes diffèrent plus ou moins suivant les pays. Dans ce type de re-lation, les gens se font des idées les uns sur les autres. Ils s’imaginent des choses. Mais ils ne se comprennent pas, dans le sens où il n’y a pas de contact entre esprits et pas d’échange véritable, au niveau métaphysique.
L’imitation égotique et tortueuse de la relation spirituelle consiste à  » se mettre à la place de l’autre « , à s’identifier à l’autre, au point d’en devenir homosexuel ou transsexuel,  » garçon manqué « , dépersonnalisé, égaré ; ce qui donne lieu à des conflits particuliers. Cette imitation est aussi gro-tesque que l’imitation d’un humain par un animal ; quand on fait fumer un singe ou quand on fait manger à table un chien avec une serviette autour du cou. La religion de ces individus n’est pas spirituelle, mais bourgeoise, maniérée, in-tellectuelle, théâtrale ; rigide, stéréotypée, sans grâce ni lé-gèreté, elle enferme dans des carcans, elle ne libère pas. Elle fait croire des choses et elle aliène au dogme dominant.

Dans la relation spirituelle (de type animiste), les hommes et les femmes n’ont plus besoin de parler pour se comprendre, pour saisir l’attente de l’Autre, ses besoins (de manière plus ou moins précise, et sans doute jamais, en ce bas monde, de manière parfaitement télépathique) ; tout au moins dans les moments intimes de communion, bien moins dans le feu d’une vie quotidienne menée tambour battant. On ne se met pas à la place de l’autre – en transposant une identité, en remplaçant un ego par un autre -, on s’oublie soi (on fait abstraction de soi, de son corps, de son mental) pour n’être plus que conscience transmigrant – résonante et vibrante – (c’est une image). Quand la conscience n’est plus tournée vers soi, quand elle n’est plus enfermée dans son soi, elle peut saisir et devenir l’Autre, le Tout. Quand la conscience de chacun se détache du Soi, elle communie avec la cons-cience de l’autre soi aussi simplement que des mains peu-vent se toucher, que des esprits peuvent échanger des idées, que des bouches peuvent échanger des baisers. Deux cons-ciences détachées peuvent échanger ce qui constitue leur Soi respectif (celui qu’elle accompagne en fusionnant plus ou moins complètement avec).
Combien de personnes peuvent se targuer de vivre selon le troisième mode de relation ? La plupart des gens sont coin-cés entre le premier et le deuxième type de relation ; entre l’inconsciente bête sanguinaire et la bête humaine égocen-trique et vaniteuse.
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Pareillement que les bêtes humaines peuvent établir une re-lation physique (par baisers, caresses, jeux) avec des ani-maux d’un règne non humain (félin, canin, etc.) sans aller jusqu’à la relation sexuelle, sans même envisager la chose, sans que ce type de relation ne leur vienne à l’esprit, les êtres spirituels qui vivent selon le troisième type de relation ne peuvent avoir de relations sexuelles avec les bêtes humai-nes, et difficilement avec les bêtes humaines domestiquées (les gens de société) ; ils n’établissent que des relations cor-diales, affectives, primaires. Les bêtes humaines ne com-prennent toutefois pas que l’on établisse un contact charnel avec elle, une relation affective, amicale, sans qu’elle aille jusqu’à la relation sexuelle, de même que les animaux se retrouvent animés de pulsions sexuelles envers les humains avec qui ils ont un contact charnel prononcé. Sachant que les bêtes humaines en viennent à regarder avec dépit et mé-pris les êtres spirituels qui se refusent sexuellement à elles, on peut imaginer que les bêtes non humaines (félines, canines, etc.) – que fréquentent les bêtes humaines – ne comprennent pas à quoi veulent en venir les bêtes humaines qui les em-brassent, les caressent, les toilettent, les couchent auprès d’elles, mais sans aller jusqu’au rapport sexuel. Le fait est qu’il peut être aussi déconcertant pour un être spirituel de se vautrer sexuellement avec une femme que pour un être men-tal de se vautrer sexuellement avec une poupée gonflable ou une bête, humaine comprise ; car l’Etre sent bien que  » quelque chose ne colle pas « .
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Ceux qui ne connaissent que la relation bestiale peuvent ai-sément  » dévier « , au sens où l’entendent ceux qui se trou-vent sur le plan de la relation intellectuelle – stéréotypée -. Animés de pulsions sexuelles, en présence d’une personne du même sexe, d’un enfant ou d’un animal non humain, ils peuvent se sentir animés de pulsions homosexuelles, pédo-philes, zoophiles. S’ils ont accumulé des sentiments négatifs, de haine, de rancœur, leurs pulsions sexuelles peuvent se mélanger avec ces sentiments et se manifester par une sexualité sadique ou brutale. S’ils manipulent des aliments ou des objets évoquant un sexe, ils pourront se mettre à jouer sexuellement avec.
Les personnes qui évoluent entre la relation bestiale et la re-lation intellectuelle peuvent aussi ressentir des attirances ho-mosexuelles ou pédophiles, et autres, mais elles en seront troublées. Parfois la bestialité prendra momentanément le dessus, et ces personnes feront une expérience homosexuelle ou pédophile, qu’elles répèteront éventuellement, ou dans lesquelles ils sombreront éventuellement, suivant les écueils ou les facilités. Généralement, l’emprise quasi hégémonique de la norme sexuelle est telle que ces personnes sentiront des blocages en elles, elles percevront des rappels à l’ordre mo-raux, mentaux.
En dehors des pulsions sexuelles, les gens peuvent manifester de la bestialité ou de l’osmose avec leurs progénitures et leurs prochains. Les géniteurs qui font circoncire leurs progé-nitures parce qu’elles estiment que leur organe intact est sale et laid sont des gens qui manifestent de la bestialité. La plu-part des gens entretiennent un rapport intellectuel, moral, social : la relation à leurs enfants est conventionnelle, contractuelle, codifiée, réglementée. Peu de personnes ont un rapport spirituel avec leurs enfants. En tout cas, ce n’est pas le cas de ceux qui s’en remettent aveuglément aux pré-ceptes doctrinaux (abusivement présentés comme  » spiri-tuels « ,  » religieux « ), aux recommandations médicales, aux théories psychiatriques, faute de  » sentir  » ce qui est bon pour l’enfant (ce qu’il souhaite intrinsèquement, ce qui lui est propre).

1015. La masturbation, c’est la sexualité de celui qui ne compte sur personne pour l’assouvir ; soit qu’il n’a pas les moyens de s’attirer les faveurs d’autrui, soit qu’il n’aime pas suffisamment autrui pour lui demander une faveur.

1016. Les humains n’ont que le mot  » amour  » à la bouche (et le mot circoncision, aussi, dans les pays européens confrontés à la présence de Maghrébins, quand ce n’est pas des Juifs), mais pour eux, quiconque ne sent pas le mélange parfumé de multiples produits cosmétiques n’est pas pro-pre, et quiconque sent les sécrétions corporelles est sale (méprisable, haïssable). Car l’humain, non, ne s’aime pas. C’est pourquoi il a développé la vanité, la croyance en une identité et une filiation divines : en prenant conscience de ce qu’il est ; un répugnant animal démoniaque, sale, puant, crapuleux, bestial, sanguinaire, sauvage, barbare.

1017. Un homme, un vrai, ne contemple pas les femmes, leur plastique, leur façon d’être, de faire, de rire, de parler, de se manifester… il mouche son pénis en elles. Ce qu’il contemple, l’homme le vrai, ce sont les voitures, leur carros-serie, leur moteur, le bruit de leur moteur, et leur pot d’échappement. Tel est l’homme, le vrai, parce que ceux qui sont de ce type

1018. ont imposé cette idée par la loi mafieuse. Car ce n’est jamais que par la loi du plus fort, du plus tort, que sont imposées les idées, les normes, les codes de conduite, les vérités.

1019. Les communautaristes et les mafieux font croire que leurs membres sont unis par les liens de l’amour, de la fra-ternité, voire par celui de la religiosité, alors qu’ils le sont par celui de l’aliénation et de la soumission.

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